2013/05/21 at 3:32
CONGO NATTY « JUNGLE REVOLUTION » (BIG DADA)

Congo Natty, c’est un homme, une famille, un mouvement, avec en son coeur Mikail Tafari aka Rebel MC, mais comme nous le montre Jungle Revolution, il est l’objectif qui met au point l’ensemble.

Long de dix tracks, Jungle Revolution expose clairement la manière dont Tafari voit la Jungle, à savoir comme un reboot des racines du reggae pour un siècle nouveau. Du feu, du sang, des sous-graves qui font vibrer le sternum, un feu soutenu de breaks de percussions, de doux hooks, une rage vertueuse et des professions d’amour : c’est le genre de magnifique album passionnel, engagé, brut et spirituel que l’on n’entend pas très souvent. « Le message du reggae, c’est Ras Tafari, et Ras Tafari, c’est l’amour, nous explique-t-il. Ils chantaient sur l’amour, mais ils prophétisaient aussi, et parlaient du système, de ce qu’il se passait dans le monde. J’ai vu la jungle comme étant la même musique, qui nous permettrait de diffuser un message. »

Ce message est colporté par un casting varié de collaborateurs. L’album a été mixé par les légendes d’On-U Adrian Sherwood et Skip McDonald (dont la carrière remonte au temps de Sugarhill Band) joue de la guitare et du mélodica sur le dub profond de « Revolution ». La production est partagée entre Benny Page (Sur le ragga-jungle sans concession de « UK Allstars »), Vital Elements (l’hymne au 150bpm qu’est « Jah Warriors » et « Jungle Is I and I »), Serial Killaz (le rinçage bondissant purement roots de « Get Ready ») at Boyson & Crooks (la paranoïa techno inquiétante de « London Dungeons »). Il y a aussi une large palette de chanteurs. Tout le gratin de la culture soundsystem britannique est présent sur « UK Allstars ». La véritable famille Congo Natty comme Nanci & Phoebe (jetez un coup d’oeil au couplet de Phoebe « Iron Dread » Hibbert sur « Microship » et aux contributions de Nanci Correia tout au long de l’album) ainsi que La LA & The Boo Yaa « Jungle Souljah ») remplissent l’album de doux hooks avec un engagement total. Enfin, s’y trouvent des artistes sans doute plus connus pour leurs contributions, mais qui se nourrissent des croyances Rasta et des positions politiques de Congo Natty. Lady Chann offre une collaboration scintillante sur « Jungle Is I and I » et Buggsy, plus connu pour son travail avec Joker, fait une intervention éloquente.

Si tout cela tient la route de façon cohérente et rend hommage à l’héritage roots reggae et classic jungle sans être à la botte de l’un ou de l’autre, c’est grâce à la vision lucide du pionner qui est aux manettes. Le fait qu’il puisse créer un album si vital, si vivant avec de l’amour, de la colère et de la joie immaculée nous montre que Congo Natty, l’homme,est bien plus qu’une légende. C’est un révolutionnaire. Et cette révolution a lieu en ce moment-même.

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