2013/03/15 at 2:35
LAPALUX « NOSTALCHIC » (BRAINFEEDER)

Dans un monde où de talentueux bricoleurs du son inondent l’univers de la musique electro, certaines voix se sont sont récemment élevées avec force et de manière surprenante. Lapalux (AKA Stuart Howard, 25 ans) fait sans aucun doute partie de ceux-là. Singulier, comme tout artiste brillant se doit d’être, sa compréhension instinctive de la texture sonore accroche l’oreille quand on l’écoute.

 

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L’album évoque la nostalgie sans en avoir les sonorités et Howard avait sûrement une pensée ironique pour le chic quand il ajouta la seconde partie du titre. L’album est à ce jour son travail le plus au point ; aux éléments house et hip-hop, il ajoute son R&B et sa soul chéris, et tout cela avec la finition Lapalux brevetée : un swing contagieux, déséquilibré, et une texture douloureusement profonde.

Lapalux a grandi dans l’Essex rural, entre la campagne et la ville : l’arrière-pays isolé classique qui a produit bon nombre de voix britanniques. De l’album émane un sentiment d’aspiration qu’il serait tentant de mettre en lien avec les rêves du jeune Howard : à quoi ressemblerait sa fuite vers une vie plus excitante ? Un rêve qui a bel et bien commencé lorsqu’un e-mail envoyé au petit bonheur la chance au label electro Brainfeeder reçut une réponse immédiate du patron Flying Lotus en personne, qui lui proposa rapidement de signer chez lui. A ce jour, Lapalux reste le seul artiste britannique du label de Los Angeles.

Comptant Diplo et SBTRKT parmi ses fans, il a remixé entre autres Le Havas, Crystal Fighters, Bonobo, Tawiah, AlunaGoerge et Speech Debelle. Il a apporté son soutien sur scène à FlyLo au Sonar, ainsi qu’au Japon avec Clark. Le premier album de Lapalux à droit à son prime time. Heureusement, ça valait le coup d’attendre.

Comme le prouve le morceau d’ouverture « Tape Intro », Lapalux est un passioné de l’expérimentation à la cassette ; sons en boucles et superposés sur ce format réconfortant produisent des textures entêtantes, belles, fragiles, qui nous semblent familières et étrangères à la fois. Ces expériences sont aussi déterminées que pleines de réussite, et leurs résultats sont si bons qu’ils donnent le tournis. Ajoutez à cela son savoir-faire quand il s’agit de s’occuper des voix, et le résultat est puissant.

Si beaucoup de producteurs utilisent des bases electros (des glitches, des fragments et autres variations peu familières), peu savent les utiliser avec autant d’intensité que Lapalux. Howard adopte ces mécanismes dans le seul but d’améliorer la force émotionnelle de sa musique, et non pas pour son seul plaisir. Sur le single « Without You » (sur lequel figure la brillante Kerry Leatham), le blues déchirant des jours de pluie devient plus fort grâce aux accélérations et décélérations successives des voix. Si cela avait été chanté de manière uniforme, le morceau n’aurait pas procuré ces émotions bouleversantes, conflictuelles. De la musique électronique sous son meilleur jour : touchante et entêtante comme aucun autre genre musical ne peut l’être.

« Straight Over my Head » est l’illustration parfaite de la capacité d’Howard à écrire une chanson magnifique. Un début hésitant, mélancolique, puis une ligne de basse s’ouvre soudainement telle une vue sur un paysage à couper le souffle. La chanson pars alors de l’avant et emporte l’auditeur impuissant avec elle. Sur « The Dead Sea », une rafale de trompettes jazz sonnent par-dessus des percussions pressées, une basse tourbillonnante et des textures aux allures vocales pour un effet des plus grisants.

Nostalchic, en plus d’avoir toutes les caractéristiques d’un grand album (un sens de l’objectif cohésif, ses propres thèmes, arcs et logique interne), est un album qui n’aurait pu être composé pour autre chose que de la musique électronique. Howard a compris la force et les capacités qui lui sont offertes par ce style, et il les a usées jusqu’à la corde.

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