2011/02/28 at 4:21
STATELESS – ‘MATILDA’ (NINJA TUNE)

Combien de fois dans les bios que vous recevez on vous vente les qualités épiques ou cinématiques de tel ou tel album ? Combien d’artistes avez-vous entendus dire, comme Chris James, chanteur de Stateless, qu’il avait « pensé cet album comme un voyage » ??? Mais certaines fois, c’est tout simplement vrai et vous ne pouvez faire autrement que l’admettre.
Grâce à “Matilda”, onze titres, cinquante minutes, suite de l’album éponyme de 2007, vous pouvez enfin, concrètement, mettre un son derrière ces mots faciles. Avec l’intervention de Damian Taylor, producteur/programmeur pour Björk, “Matilda” réunit songwriting classieux et rythmique décalée, avec suffisant de basses et d’interférences électroniques pour satisfaire les nerds glitch les plus tatillons.
Le résultat est assez spectaculaire. Dès l’atmosphérique “Curtain Call” vous savez que vous êtes entrés dans quelque chose de spécial. Les basses bien puissantes du premier single, “Ariel”, sont suivies par la mélodie sinueuse et les coups de tonnerre de “Miles To Go”. Sur “Visions” c’est le bassiste Justin Percival qui prend le micro. « Chanteur, c’est vraiment quelqu’un d’autre », nous dit Chris James. « Je pense que nous nous dirigeons de plus en plus vers un groupe à deux voix »! “Assassinations” est le sommet  »heavy » de l’album, avec l’apparition des gros beats électroniques de Taylor. “Red Ocean” fonctionne comme un interlude folk ambient avant “I’m On Fire”, duo avec Shara Worden de My Brightest Diamond, enregistré dans sa chambre de Brooklyn devant une bouteille de vin. “Ballad of NGB” a quasiment le son r&b d’aujourd’hui, si celui-ci était produit par des fans des folk songs hongroises de Bartok jouées par le remarquable Balanescu Quartet. Ce fameux groupe de cordes (qui a repris Aphex Twin, entre autres)  est totalement chez lui sur “Song For The Outsider” lorsque, en plus d’un superbe travail d’arrangement, le violoniste Alex Balanescu conclut les choses avec un solo vicieux : « à la fin de la prise, les gens dans la salle de contrôle étaient sans voix » se souvient James. « Toute le monde était abasourdi, c’était hallucinant ». “Junior” vibre sur une electronica des plus organique avant “I Shall Not Complain”, qui finit l’album quelque part en Europe de l’Est, avec l’une des plus belles mélodies de l’album, à la mélancolie
inouïe.
« Je voulais vous faire entrer dans un univers » explique James, « et vous faire rencontrer des personnages différents, vous faire vivre des expériences. Matilda est évidemment l’un des personnages, mais il y en a d’autres, avec par ordre d’apparition, Maria, Ariel, le Diable, les Assasins, NGB, l’Outsider, Junior, et d’autres, qui ont tous leur rôle à jouer dans de grand tableau… » Chris James s’arrête et considère un moment l’ampleur de ce qu’il espère avoir réalisé. « C’est comme un rêve étrange et magnifique. C’est sombre, irréel, mystérieux, plein de personnages bizarres et merveilleux. C’est un gros travail. J’espère que les gens s’en rendront compte lorsqu’ils écouteront. Je pense aussi que cela nécessite plusieurs écoutes avant de vraiment s’en imprégner. C’est un album spécial, qui fonctionne comme un tout. Je veux que les gens fassent comme pour les albums de Pink Floyd, qu’ils l’écoutent du début jusqu’à la fin, très fort, et avec de bons écouteurs ».

Ce contenu est restreint aux membres. Si vous êtes un utilisateur enregistré, connectez vous. Les nouveaux utilisateurs peuvent s’enregistrer ci-dessous.

Connexion pour les Utilisateurs enregistrés
 Se souvenir de moi  
Nouvel Utilisateur?
*Champ requis