2010/03/16 at 12:24
FUNKI PORCINI « ON » (NINJA TUNE)

James Braddell alias Funki Porcini revient avec son cinquième album chez Ninja Tune, le premier depuis « Fast Asleep » sorti en 2002. Mixant jazz surréaliste, bizarrerie synthétique et ambiance onirique,“On” est ce que Funki Porcini a fait de plus beau et étrange jusqu’à maintenant.
Bradell peut être considéré comme un pionnier du trip-hop, opérant dans son Uterus Goldmine studio dès 1995 son mythique album « Hed Phone Sex », apportant ainsi à la musique du sample le surréalisme dark qui allait ensuite faire le succès de DJ Shadow (« Endtroducing »). Avant ça, il sortait deux albums en 1994, sous le nom de 9Lazy9, avec Keir Fraser, avait étrenné Atari ST et Aka, accumulant et manipulant une large palette de sons, samplés ou enregistrés live, dans le style ams de Thelonious Monk sur des breaks sinistres. Tout ceci a permis l’age d’or de la musique à base de samples… alors que sur “On” c’est plus que jamais l’instrumentation live qui domine.
L’album commence avec l’introduction de « Moog River », hommage à Robert Moog, mais c’est sur le second morceau, « This Ain’t The Way To Live », que l’ambiance devient lentement hypnotique, sale et dark, annonçant et montrant la richesse et la variété de l’oeuvre de Bradell. C’est typique de Porcini, amener une ligne mystérieuse et éthérée sur une instru de hip-hop, et c’est en cela qu’il a inspiré des artistes comme Amon Tobin et Boards of Canada. « Belisha Beacon » c’est comme écouter du St Germain sous champi tandis que le feu couve sur « Undermud ». « On An Inconsequential Afternoon » est cet hymne pour les câlins sur l’oreiller, avec des lamentations de piano rêveur sur des bleeps et des clicks. Le moment fort et pièce centrale de l’album, « The 3rd Man », est une tranche de musique fabuleuse au refrain pachelbelesque du plus bel effet. C’est inspiré des fréquents reportages sur les explorateurs en Antarctique qui sentent la présence d’une autre personne insistante, que nombreux appellent le Troisième Homme. « Bright Little Things » montre à nouveau le talent de Porcini pour détourner les codes du jazz et offrir un morceau à la fois accessible et profond. « Robert Crumb’s Natural Gait » est, vous l’aurez compris, inspiré du célèbre dessinateur de BD alors que « The Magic Hands of Fernando Del Rey » rend hommage au vibraphoniste jazz Lionel Hampton. Enfin « Waking Up » à la mélancolie typique de Porcini se construit subtilement dans un crescendo angélique parfait pour clore l’album. “Ninja” de la première heure, le plus drôle et le plus provocateur, Funki Porcini renaît avec son style intacte toujours au goût du jour. Et cette fois-ci il nous a promis qu’il ne nous ferait plus attendre aussi longtemps son prochain album.

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