2008/06/01 at 11:45
JOHN MATTHIAS « STORIES FROM WATERCOOL » (COUNTER RECORDS)

Il y a beaucoup de choses à dire sur John Matthias. On pourrait le décrire comme un savant fou, un compositeur moderne,un prodige du violon ou bien d’autres choses. Hélas, John Matthias préfère parler des autres que de lui-même. Stories from the Watercooler est une succession de 12 nouvelles, faites en chansons. L’ espace musical prend la forme de belles compositions folk-rock mêlant guitares électriques, acoustiques et autres instruments à cordes. Mais avec cette formule apparemment simple, John écrit sur tout, du meurtre de Jean Charles De Menezes (une personne assasinée par Scotland Yard et surtout par erreur dans le métro londonien, après l’attentat de 2005), des fausses thérapies alternatives, des histoires de crédit et de banque par téléphone, des camps d’internement japonais en Californie.
Au delà de tout ça, il entoure le son de l’album en trois niveaux de richesse. Le premier tient dans le choix de l’instrumentation, qui comprend harmoniums, banjos, clarinettes et synthés anciens. Ensuite, il y a les couches de sons électroniques ajoutées par le biais de ses machines expérimentales et du travail de Coldcut, qui produit l’album. Et enn et surtout, il y a la voix de Matthias, impassible, dénuée de toute comédie. Tout ceci n’est guère surprenant. Il sut en eet de voir la liste des artistes avec lesquels Matthias a travaillé pour déceler toute l’intelligence et la sincérité du bonhomme. L’artwork de Stories from the Watercooler est l’oeuvre de Stanley Donwood, qui s’était fait remarquer pour les pochettes de Thom Yorke. D’ailleurs Thom Yorke et John Matthias ont joué ensemble dans un groupe pendant leurs années d’études, puis le second a joué du violon sur l’album du premier, le fameux The Bends. Matthias a également travaillé avec le rebel Matthew Herbert et a sorti son premier album, Smalltown Shining, sur le label Accidental Records. Il est aussi intervenu sur le single Man In A Garage, l’un des moments forts du dernier album de Coldcut, Sound Mirrors. Enn, il est membre du centre interdisciplinaire de recherche sur la musique assistée par ordinateur de l’université de Plymouth, où il a développé The Brain, une forme d’intelligence articielle qu’il utilise npour programmer et créer ses sons de batterie.
Le résultat de ses diérentes impulsions, c’est son album Stories from the Watercooler. Le menaçant Open laisse place au folk-blues simple de Viper’s Nest, avant que ne se présente le premier et éthéré single I Will Disappear, The Blind dans un style très Bowie d’antan. Stockwell Road est un autre instant de pure beauté et de gravité émotionnelle. Dans King of a Small Town, John Matthias se met en danger, bien que ce soit amusant. Evermore s’élève, It’s Not couve au-dessus du bourdon des violons. Et enn, qui vient conclure l’album, One Sunny Morning In The No-Fly Zone se sert des cordes en fond pour apporter de la profondeur et de l’ampleur à cette chanson pleine de modestie.
C’est intelligent, émotionnellement fort et ne répondant à aucune mode, ce n’est ni un album sur John Matthias, ni un album sur les déboires et tribulations d’une célébrité, ou d’une non-célébrité. Juste sur le quotidien et l’anormal, comment les gens le comprennent, ou pas.

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