2007/08/13 at 11:53
THE DRAGONS « BFI » (NINJA TUNE)

Derrière toute chose il y a une histoire, et à chaque histoire une morale. La morale de cette histoire : toujours garder ses masters. Quoique vous fassiez, gardez vos masters.
C’est la fin des années 60. Trois frères, Doug, Daryl et Dennis Dragon vivent à Malibu, font du surf et jouent dans les environs de Los Angeles, les Beatles, Hendrix et les Doors plein les oreilles. Enfants multi-instrumentistes d’un chef d’orchestre et d’une chanteuse d’opéra, les frères Dragon décident un beau jour qu’il est temps de créer leur propre chef d’œuvre psychédélique soul/rock. Un ami de lycée de Dennis, Donn Landee, travaille alors comme ingénieur du son aux studios Sunwest Recordings à Holly- wood et leur permet d’enregistrer entre 3h du mat et le lever du soleil.
Ils appellent alors ces sessions “Blue Forces Intelligence”, trouvent eux-mêmes un moyen de superposer leurs instruments, ajoutant de la profondeur, des voix très graves contre des harmonies falsetto, de l’orgue et des effets sonores spatiaux, enregistrant des opéras rock hallucinants. Le résultat: plus d’espace, plus étrange, mais aussi plus funky – le lien manquant entre les nouvelles directions prises alors dans les explo- rations jazz et soul ainsi que dans la musique rock.
Hélas, les majors de la Côte Ouest ne sont pas prêtes, n’y décelant aucun hit. Quelques mois après la finali- sation de l’album, devenu juste “BFI”, les garçons complètement déçus décident de mettre fin à leur projet et mettent leur talent au service des autres, en devenant entre autre le backing band des Beach Boys. Doug part pour Hawaï, puis pour l’Australie. Dennis devient un brillant producteur. Daryl expérimente avec Toni Tennille le sommet des charts internationaux avec “The Captain”. Et le “BFI” des Dragons est oublié.
37 ans plus tard. Strictly Kev/DJ Food, mixologue influent, designer pour Ninja Tune et collectionneur obsessionnel reçoit un nouveau lot de vinyles de la part d’un disquaire ami. Au milieu de tout ça il déniche le pressage privé de la BO d’un film surf appelé “A Sea For Yourself”. Sur celle-ci figure “Food For My Soul” d’un groupe obscure nommé the Dragons. Kev, fan de tout ce qui touche à la nourriture et à l’époque en pleine réalisation de son nouveau “Solid Steel” pour Ninja, décide d’approfondir ses recher- ches.
Et ce qu’il trouve est incroyable – une vraie originalité psyché venant d’un groupe dont il n’avait jamais entendu parler. Grâce à ses contacts dans le monde , il parvient à retrouver Dennis Dragon. Il lui écrit et lui demande s’il peut inclure “Food For My Soul” dans son mix.“Bien sûr” répond Dennis. Mais il y a tout un album dans le même genre s’il est intéressé. Dennis vérifie. Donn a toujours les masters. Il les convertit en mp3 et les envoie via email à Kev qui n’en revient pas et appelle tout de suite Ninja Tune. Arnaque ? Ninja Tune écoute, réécoute, encore et encore, et, après près de 40 ans enfoui dans les placards d’un ingé- nieur du son, Ninja Tune décide de sortir, enfin, “BFI”.
Parfaitement interprété et produit, rempli d’inventivité et de naïveté attachante, “BFI” est un chef d’œuvre miniature, un classique psyché sexy disparu. Et nous ne passerons plus à coté !

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