2007/06/11 at 5:01
ONESELF « CHILDREN OF POSSIBILITY » (NINJA TUNE)

Si vous pensez qu’une histoire commençant avec un Américain, un Russe et un Suédois d’origines Chiliennes & Brésiliennes a peu de chance d’aboutir à quelque chose de bien, alors c’est que vous n’avez pas entendu celle du trio hip-hop multinational One Self. Si leur histoire peut en effet sembler peu probable, leur musique n’est certainement pas une plaisanterie. Le groupe – DJ Vadim, MCs Blu Rum13, originaire de New York mais qui a passé pas mal de temps au Canada, et Yarah Bravo, née et élevée en Suède par une mère venant du Chili, le père du Brésil – se sont retrouvés sur la route, alors que Vadim, producteur visionnaire né à St Petersbourg et célébré à Londres, était en tournée sous la bannière expérimentale des Russian Percussion. »En 2003, nous avons fait deux tournées en Amérique du Nord » explique Vadim. « La première nous étions Yarah, DJ First Rate et moi, et pour l’un des shows, alors que nous étions à Montréal, Blu Rum fit la première partie avec son groupe Groundwerx. Lorsque nous sommes revenus pour la deuxième tournée aux USA, en automne, pour 50 autres dates, Yarah ne pouvant être là, c’est Blu Rum qui est devenu le front man du collectif. »
Aux flows complémentaires mais aux styles très différents, Vadim, Yarah et Blu Rum ont commencé à discuter d’une collaboration spéciale. Bien que ses albums solos aient toujours fait appel à de nombreux vocalistes, Vadim avait le souhait de travailler plus en profondeur avec un groupe au noyau composé de deux Mcs maxi, de préférence une paire dont les travaux et les susceptibilités engrèneraient et étincelleraient. Par leur évolution naturelle en tournée, One Self est devenu ce groupe, et comme une chimie entre les voix, les concepts et les battements intensifiés, les idées de textes ont commencé à prendre forme, donnant au disque une uniformité inattendue et totalement incroyable.
« Comme auteurs ou comme chanteurs, nous nous faisons confiance » dit Blu Rum au sujet de Yarah. « Je connais sa musique, je sais comment il écrit, et quels sont ses sujets de prédilection » répond Yarah à son compère rimeur. « C’est vraiment facile d’être dans ce groupe » poursuit Blu Rum, qui réside à Washington DC, « et cela en dépit des contraintes géographiques. »
Quant à Vadim, il est convaincu que One Self n’aurait jamais pu exister si lui-même n’avait pas quitté sa banlieue pour s’installer au centre ville, et y construire le studio où l’album, Children of Possibility, a été enregistré. « J’ai beaucoup plus d’inspiration depuis que je me suis installé dans East Hame » explique-t-il. « C’est un endroit si culturel qu’il est évident que cela influencerait d’une façon ou d’une autre ma musique. Il y a des sitars et toute la culture indienne, mais également des sons africains, de la guitare flamenco, de la flûte Shakuhachi – nous vivons dans un vrai mélange de sons et de cultures ». Le résultat impressionne : on retrouve la production insouciante et anti-mode qui a fait la renommée de Vadim, désormais emprunte d’une certaine urgence et clarté – peut-être parce que pour la première fois, il connaissait parfaitement qui allait apposer sa voix sur sa musique. Blu Rum pense que Vadim est à un tournant de sa carrière, et que « le chaos est peu un plus contrôlé ».
Vadim espère sincèrement que les auditeurs considèreront avant tout l’album comme « un album hip-hop, mais également comme un album très musical » ; Yarah est persuadée que One Self dépasse les préoccupations paroissiales du hip-hop et souligne les évolutions possibles du genre. « Un bon nombre de personnes se veulent les représentants d’un style ou d’un endroit » explique-t-elle. « Mais n’attendez pas cela de nous ; nous venons de milieux tellement différents, que nous ne sommes représentatifs de rien. »
« Nous avons choisi le titre de l’album », conclut Vadim, « parce que nous voulions parler du fait que les enfants aujourd’hui sont vraiment ouverts à tout : ils ne sont pas racistes, ils n’ont aucun préjugé, et ils essayent en permanence de découvrir de nouvelles choses. Et nous avons voulu retourner, musicalement, à un espace où nous pouvions découvrir et créer de la musique. Nous nous sommes amusés, vraiment ; ce fut agréable… Il y a un message, et c’est à vous de le découvrir. C’est hip-hop, mais c’est aussi bien plus que ça ».

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