2001/10/22 at 12:02
FLANGER « INNER SPACE/OUTER SPACE » (NINJA TUNE)

It’s ja-a-a-a-zz folks, mais pas comme on l’entend habituellement. Comment pourrait-il en être autrement quand Burnt Friedman et Atom™ sont inspirés par la face cachée de la lune ?

Agents venus d’un futur lointain, Flanger tel JG Ballard l’auteur de Crash, se demande « ou se trouve l’espace intérieur ? ». La vision de Kubrick de l’an 2001 nous montre que la conquête de l’espace est obligatoirement précédée d’une quête intérieure. Flanger pose en combinaison argentée sur la pochette, pour nous rappeler une anecdote sur Salvador Dali, qui arborant une combinaison de plongée lors d’une conférence, faillit suffoquer.

C’est avec cette idée en tête que les deux membres de Flanger se sont attelés à leur troisième opus, et voici nos héros qui s’inventent de nouveaux horizons musicaux, novateurs autant dans les méthodes d’enregistrement que dans la structure des chansons. Rien de bien inattendu pour nos deux sympathiques aventuriers de la musique contemporaine. Parmi leurs dernières sorties : Con Ritmo et Plays Love Songs sur le label de Friedman Nonplace et Burnt Friedman & The Nu Dub Players chez Scape, sans énumérer les travaux parallèles de Atom™ sous les patronymes Atom Heart, Señor Coconut, Geeez’n’Gosh et LB. Le point commun entre ces projets : brouiller la frontière sonore séparant l’artificiel du réel. Les anciens titres de Flanger pouvaient sonner comme du vrai jazz, alors qu’en fait il s’agissait toujours de programmation.

Cette fois de nouvelles règles ont été établies. Friedman, qui vit à Cologne, et Atom™, qui réside lui à Santiago du Chilli, programment les rythmes, usant des contributions de musiciens compréhensifs venus de Copenhague, Cologne, Santiago. Leur prédilection pour les rythmes improbables en 5; 7; 9; est encore de mise, en mêlant parfois plusieurs dans un même morceau.

Flanger pratique la musique intuitive et chanceuse. Se posent alors des questions de droit d’auteurs, comme lorsque Miles Davis enregistrait avec son producteur Teo Macero dans les années 70, quand des improvisations spontanées étaient sauvagement coupées et remontées, réinventant les compositions originales. Il y a ici un esprit fusion qui ne sonne pas cliché : de superbes vibraphones, des percussions subtiles, le tout enregistré avec la précision satisfaisante du programmateur qui sait qu’il y insèrera de l’espace, les étranges copier-coller révèlant un coté techno au milieu d’une instrumentation classieuse.

Flanger le dit : “Vous êtes sur le point d’effectuer un saut quantique vous menant à un fantastique périple de l’autre coté de la compréhension humaine. Let’s go !”

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